Cartes Pokémon : les plus chères sont maintenant imposables !
Pendant longtemps, collectionner des cartes Pokémon relevait du hobby. Aujourd’hui, c’est aussi devenu un marché : ventes aux enchères, plateformes spécialisées, investisseurs et surtout… des montants qui commencent à attirer l’attention de l’administration fiscale.
Un marché qui n’a plus rien d’un jeu d’enfant
Les cartes à collectionner existaient déjà bien avant Pokémon : les cartes de baseball, basket ou hockey ont alimenté des spéculations folles pendant des décennies. La différence, c’est qu’aujourd’hui, Pokémon a franchi un cap culturel. Les cartes ne se négocient plus seulement entre passionnés puisqu’elles se vendent lors d’événements nationaux ou sur des sites d’enchères et leur rareté peut faire exploser les prix, propulsant les cartes Pokemon parmi les investissements les plus rentables de cette génération.

L’exemple le plus spectaculaire reste la “Pikachu Illustrator” (1998) imprimée à 39 exemplaires. Elle a été vendue aux enchères en 2022 pour 5 275 000 dollars à Logan Paul, ce qui lui a valu d’entrer au Guinness Book comme carte Pokémon la plus chère.
En France, les chiffres sont moins stratosphériques, mais la dynamique est la même. En juin 2021, un collectionneur a payé 11 904 euros pour un Dracaufeu très rare, noté 9 par PSA, lors d’une vente aux enchères à Troyes.
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Pourquoi le fisc s’y intéresse : parce que ça se vend et parfois très cher
Selon une enquête réalisée par eBay/YouGov en 2023, 8% des Français collectionnent des cartes Pokémon, soit près de 4 millions de personnes. Et quand un marché devient aussi massif et que certaines cartes se vendent plusieurs milliers (ou millions) d’euros, l’administration fiscale finit par s’y intéresser : revente avec plus-value, professionnalisation de certains vendeurs, enchères, traçabilité des paiements…

C’est là que beaucoup se trompent. D’après une mise à jour du BOFiP (2024), les cartes Pokémon ne sont pas reconnues par l’administration fiscale comme étant des objets de collection au même titre que des timbres ou des cartes postales.
Donc au-delà d’un certain seuil, la fiscalité n’est pas celle que certains imaginent.
Au-dessus de 5 000 € : 36,2% d’impôt sur la plus-value
Au-delà de 5 000 euros de vente, il faudra payer 36,2% d’impôts sur la plus-value. C’est un taux encore plus élevé que la flat tax en bourse et qui impacte fortement les collectionneurs. Surtout ceux qui revendent une carte achetée “pas cher” il y a quelques années et qui réalise une énorme plus-value.

En dessous de 5 000 € : plutôt bien de consommation courante… sauf exceptions
Sous le seuil des 5 000€, l’administration range les cartes Pokemon dans la catégorie des “biens de consommation courante”. Mais attention : il existe deux exceptions qui peuvent faire basculer une carte dans un régime plus encadré :
1) L’intérêt “historique ou ethnographique”
Selon l’article 98 A du CGI, si la carte présente un intérêt historique ou ethnographique, elle peut tomber dans un régime d’imposition et d’obligation de déclaration. Ce sont les cartes liées à un événement marquant, une première impression ou une édition très spécifique et significative qui sont concernées.
