Ethereum mise sur les agents IA : la prochaine révolution ?
Ethereum accélère sur les agents IA : promesses, cas d’usage, enjeux et risques. Révolution Web3 ou simple buzz ? Décryptage.
Alexandre Plunian
Ethereum veut accélérer sur un nouveau terrain : les agents IA, ces logiciels capables d’exécuter des tâches, de prendre des décisions et d’interagir avec d’autres services.
Avec l’arrivée imminente de l’ERC-8004 sur le mainnet, le réseau ambitionne de créer un standard commun pour transformer ces agents en acteurs économiques autonomes.
L’idée derrière cette approche est simple : si l’IA se multiplie, il faudra une infrastructure neutre et fiable pour organiser les échanges entre “machines”. Ethereum ne cherche pas à rivaliser avec les modèles d’IA, mais à devenir l’intermédiaire de confiance sur lequel ces agents peuvent collaborer et échanger de la valeur.
Ethereum : le futur tiers de confiance de l’IA
Proposé à l’été 2025, l’ERC-8004 s’apprête à passer de la théorie à la réalité avec un déploiement prévu très prochainement. D’après Marco De Rossi (MetaMask), co-auteur de la proposition, l’activation pourrait intervenir dès cette semaine.
Cette mise à jour vise à offrir un cadre universel et permissionless dans lequel des agents IA peuvent :
se découvrir (trouver d’autres agents et services)
proposer des prestations (exécuter une tâche, produire un résultat ou répondre à une demande)
signer des interactions (laisser des traces vérifiables)
et recevoir des paiements en crypto
Les agents la pourront désormais coopérer ensemble, se concurrencer ou se déléguer des actions, sans passer par des plateformes centralisées qui imposent leurs règles ou capturent une partie de la valeur. Le traditionnel staking Ethereum semble ainsi laisser la lumière à une toute nouvelle génération d’opportunités.
Les piliers derrière cette mise à jour
L’ERC-8004 repose sur une architecture volontairement “légère”, structurée autour de trois piliers on-chain. Le point important : ces registres peuvent vivre sur Ethereum mainnet mais aussi être déployés sur des Layer 2, pour réduire les coûts et faciliter l’adoption.
1) Un registre d’identité
Premier pilier : l’identité. Chaque agent se verra attribuer un identifiant on-chain.
2) Un registre de réputation
Deuxième pilier : la réputation, avec une logique de feedback. Utilisateurs et protocoles pouront évaluer un agent et créer un historique public des performances.
3) Un registre de validation
Troisième pilier : la validation. L’ERC-8004 prévoit des smart contracts validateurs capables de vérifier (selon des règles définies) qu’un agent a bien exécuté ce qu’il prétend.
Des limites reconnues : attaques Sybil et promesses impossibles à prouver
Les concepteurs du standard ne vendent pas une solution magique. Plusieurs risques sont explicitement identifiés :
Attaques Sybil : un acteur peut créer une multitude de faux agents pour manipuler la réputation, fausser les évaluations ou “gonfler” artificiellement la crédibilité d’un agent.
Compétence non prouvable : on ne peut pas, par défaut, garantir cryptographiquement qu’un agent est réellement capable de ce qu’il annonce. Une identité on-chain ne suffit pas à certifier une intelligence.
Une stratégie long terme : structurer la narrative IA plutôt que la subir
Avec l’ERC-8004, Ethereum ne fait pas qu’ajouter un nouveau standard technique : il tente de définir le cadre économique de la prochaine vague IA.