Stellantis relance le thermique et l’hybride : quel sera l’impact en bourse ?
Stellantis réinvestit dans le thermique et l’hybride. Opportunité ou aveu de retard sur l’électrique ? Décryptage de l’impact potentiel sur l’action en Bourse.
Alexandre Plunian
Stellantis annonce vouloir investir plusieurs milliards pour renouveler et étendre sa gamme de motorisations thermiques et hybrides d’ici 2029, et rebondir après le récent crash Stellantis en bourse.
Pour l’investisseur, le message est clair : le groupe assume que le “tout électrique” ne suffit pas à court terme et qu’il faut revenir aux bases pour éviter de perdre des parts de marché, surtout aux États-Unis.
Pourquoi Stellantis fait ça maintenant ?
On n’engage pas un programme d’investissement de cette ampleur si tout va bien. Le groupe reconnaît implicitement que ses groupes motopropulseurs sont devenus un point faible : mauvaise fiabilité, coûts d’entretien importants.. autant d’éléments qui pèsent sur la satisfaction client et sur la capacité de l’entreprise à vendre au bon prix. Et quand on est un constructeur généraliste avec 14 marques, chaque défaut industriel finit par se transformer en un véritable problème financier avec des marges plus faibles. À l’inverse, on a vu sur d’autres dossiers boursiers qu’un marché peut sanctionner très vite le moindre doute sur l’exécution, comme lors d’une violente correction Dassault après des signaux jugés moins solides par les investisseurs.
Ce que le plan dit
Le plan met une priorité sur les États-Unis, avec un impact attendu aussi sur l’Europe. Mais il ne faut pas s’attendre à un changement immédiat en 2026. Le calendrier présenté est plutôt prudent : en Europe, pas de nouveaux moteurs en 2026 et aux États-Unis, les nouveautés annoncées restent limitées avec le retour du bloc HEMI dans la gamme Ram et un moteur hybride 1,6L de 210 ch.
Pour un groupe de cette taille, l’évolution est assez pauvre, mais c’est cohérent avec la philosophie affichée : mieux vaut sortir moins, mais sortir fiable, plutôt que multiplier des lancements précipités qui finissent en rappels, bad buzz et coûts supplémentaires.
C’est précisément ce qui renvoie à la robustesse des entreprises : la capacité à privilégier l’exécution, la qualité et la tenue des coûts sur la durée, même si ça donne une impression de “petit rythme” à court terme. Et en Bourse, cette robustesse des entreprises finit souvent par compter autant que la promesse produit.
Est-ce que ça peut attirer les investisseurs et faire remonter le cours ?
Cette annonce peut rassurer les investisseurs car elle répond aux critiques. Le marché aime quand une entreprise reconnaît ses faiblesses et pose un plan concret. Donc oui, ça peut soutenir le titre sur le court terme, mais l’entreprise reste fragile.
Le vrai changement se fera grâce à l’exécution. Si Stellantis améliore réellement la fiabilité de ses voitures, réduit les coûts et corrige ses points faibles alors le cours de l’action pourrait remonter.