Le CAC 40 recule : le luxe sous pression après les nouvelles menaces douanières de Trump
Les tensions entre Donald Trump et l'Europe font plonger le CAC 40 et plus particulièrement les entreprises du luxe.
Alexandre Plunian
Le CAC 40 est sous la pression et recule de -3,55 % sur les 5 derniers jours. Alors même que les salaires des patrons du CAC 40 restent un sujet de débat, le secteur du luxe est particulièrement touché suite aux tensions avec Donald Trump concernant les menaces douanières sur les vins et champagnes français.
La menace de surtaxes à 200% sur les vins et champagnes
Le catalyseur de ces derniers jours vient des déclarations de Donald Trump, qui a menacé d’imposer des droits de douane de 200% sur les vins et champagnes français. Cette menace s’inscrit dans une séquence de tensions entre les États-Unis et certains pays européens et a immédiatement pesé sur le CAC 40 et les entreprises du luxe.
Au-delà de l’annonce, le sujet est sensible, car les États-Unis constituent le premier débouché à l'exportation du vin français.
Cela ne peut pas continuer comme ça, au bout d’un moment, il faut que la France arrête de s’exposer systématiquement. On est Européen avant tout et c’est à l'Europe de prendre le lead dans ces discussions.
Il estime également que :
Surtaxer les vins demain aux États-Unis qui est le premier marché export en valeur de nos produits d’appellation serait dramatique pour notre filière. Du 200%, ce serait l’arrêt total des exportations vers les États-Unis.
Les États-Unis représentaient un quart de la valeur des exportations françaises de vins et de spiritueux en 2024
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, les exportations françaises de vin subissent de plein fouet les à-coups protectionnistes de Washington. Droits de douane relevés puis assouplis au gré des annonces présidentielles, incertitude permanente pour les producteurs… Un contexte d’autant plus pénalisant que le dollar, actuellement faible face à l’euro, renchérit mécaniquement le prix des bouteilles européennes sur le marché américain.
Résultat : en 2025, les expéditions de vins français vers les États-Unis ont reculé de 8,9 % en volume et de 19,5 % en valeur par rapport à l’année précédente, selon Eurostat.
Face à cette situation, la filière appelle à une réponse politique à l’échelle de l’Union européenne. Dans un communiqué publié ce mardi matin, la FEVS estime que la multiplication des menaces tarifaires, qu’elles s’inscrivent dans le cadre de dossiers aussi sensibles que le Groenland ou le Conseil de la paix à Gaza, ne fait qu’alourdir les tensions entre les États-Unis, l’UE et la France. L’association rappelle que la politique commerciale relève d’une compétence exclusive de Bruxelles et plaide pour une stratégie “unie et coordonnée”, défendue “d’une seule voix” par les Européens.
Ces déclarations du président des États-Unis doivent être prises au sérieux mais avec sang-froid.
Le luxe « paye cash » : LVMH, Kering, Hermès en première ligne
Dans ce contexte, les investisseurs se sont d’abord délestés des valeurs les plus exposées au risque de durcissement commercial. Le luxe, qui pèse lourd dans la pondération du CAC 40 et qui est très dépendant du marché américain, a tiré l’indice vers le bas : LVMH (-2,20%), Kering (-2,60%) et Hermès (-1,18%).
À l’inverse, les titres directement liés aux vins et spiritueux ont eu une réaction plus contrastée : Pernod Ricard a progressé (+1,09%).
L'Europe dispose d'outils très puissants en matière commerciale, et doit les utiliser quand elle n'est pas respectée.
L’automobile résiste grâce à Renault, dopé par ses chiffres 2025
Dans une séance globalement négative, Renault s’est démarqué avec une hausse de +3% suite à la publication de ses résultats qui sont encourageants. Alors même que Bernard Arnault s’interrogeait sur l’avenir du luxe en 2024, les chiffres de Renault s’imposent comme une bouffée d’air frais.
Le constructeur a annoncé une hausse de 3,2% (2,34 millions de véhicules) de ses ventes mondiales en 2025. Le marché automobile dans sa globalité est en progression d’environ 1,6%, ce qui a rassuré les investisseurs sur la dynamique future de l’entreprise.
Capgemini dans le rouge : restructuration et inquiétudes
Autre point marquant : Capgemini a subi une forte pression après l’annonce d’un plan de transformation en France. Le groupe a indiqué envisager jusqu’à 2 400 suppressions de postes.