Crash Stellantis : 2,2 Md€ de charges exceptionnelles, l’action s’effondre
Découvrez pourquoi Stellantis encaisse 2,2 Md€ de charges exceptionnelles et ce que cela implique pour l’action, les résultats et les investisseurs.
Alexandre Plunian
La claque est violente. Stellantis décroche de plus de 20% en bourse après avoir annoncé 22 milliards d’euros de charges exceptionnelles sur son exercice 2025.
Résultat : le titre signe l’une de ses pires séances depuis son introduction bourse en 2021 et retombe à 6,11 € l’action, soit 80% de baisse depuis son record de prix en mars 2024.
C’est aussi un exemple de plus qui rappelle pourquoi il ne faut pas investir sur une entreprise uniquement pour son dividende : quand le marché réévalue brutalement les perspectives, la baisse du cours peut largement effacer plusieurs années de dividendes.
Ce qui a déclenché la chute : 22 milliards de charges et un changement de cap assumé
Le point de bascule, ce sont ces charges hors norme annoncées dans les comptes pour 2025. Stellantis justifie cette hausse des charges par de mauvaises prévisions, notamment sur le rythme de vente des véhicules électriques, jugé trop optimiste.
C’est le coût d’un “reset” profond mais nécessaire de notre entreprise pour remettre les clients au centre de tout ce que nous faisons et pour soutenir une croissance rentable.
Le groupe reconnaît que la trajectoire prévue n’était pas la bonne et qu’il faut ajuster l’offre, les investissements et certaines priorités commerciales. La direction présente ces résultats comme douloureux mais nécessaire.
Pourquoi les investisseurs paniquent ?
Le marché ne sanctionne pas seulement ces mauvais résultats, il sanctionne l’ampleur des dégâts :
22 milliards de charges supplémentaires, ce n’est pas rien pour une entreprise de cette taille. L'exercice 2025 a été fortement impacté et les prévisions à court et moyen terme se sont dégradées.
Certains analystes s’attendaient à ce que les résultats ne soient pas encourageants, mais pas à ce point.
Une trajectoire boursière en chute libre
Cette annonce arrive sur un titre déjà fragilisé. Depuis le début de l’année, l’action était déjà en baisse. Mais lors de la séance du vendredi 6 janvier, l’action Stellantis a atteint un plus bas historique avec une baisse de 25%.
Alors qu’un “reset” était largement attendu, (...) l’ampleur des annonces du jour dépasse largement les hypothèses les plus prudentes. Nous estimions les charges additionnelles à 7 milliards d’euros.
Effet domino : tout le secteur automobile européen est concerné
Comme souvent, quand un poids lourd plonge, le secteur tout entier prend un coup. D’autres acteurs de l’automobile ont terminé la semaine dans le rouge : Renault, Volkswagen, Volvo.
La situation de Stellantis ne concerne pas directement les autres acteurs de l’automobile, mais les investisseurs se posent tout de même des questions sur :
La rentabilité des véhicules électriques
La capacité des entreprises à vendre au bon prix
L’incertitude réglementaire,
La pression concurrentielle (notamment avec Tesla d'Elon Musk)
Le contexte américain pèse lourd : l’électrique redevient un pari plus risqué
La révision des ambitions sur l’électrique ne concerne pas que Stellantis. Plusieurs constructeurs ont déjà annoncé des ajustements similaires, preuve que le secteur traverse une période difficile.