Japon : un rebond au T4… mais nettement trop faible pour rassurer
Japon : rebond au T4, mais trop faible pour rassurer. Croissance, consommation, yen et impacts possibles sur les marchés en 2026.
Alexandre Plunian
Le Japon a bien rebondi au quatrième trimestre 2025, mais beaucoup moins qu’espéré, ce qui complique la tâche du gouvernement de la Première ministre Sanae Takaichi au moment où le coût de la vie continue de peser sur les ménages.
Selon les données officielles publiées lundi, le PIB japonais n’a progressé que de 0,2% sur un an entre octobre et décembre, très loin du consensus à +1,6%, après une croissance de 2,6% au T3. Autrement dit : l’économie avance, mais sur un rythme fragile.
Une croissance molle et des moteurs de croissance qui ne répondent pas
Le signal le plus parlant vient de la demande intérieure. La consommation privée, qui représente plus de la moitié de l’économie, ne progresse que de 0,1% au T4 (conforme aux attentes), contre 0,4% au trimestre précédent. L’inflation et le coût élevé des produits alimentaires continuent de freiner les dépenses.
Même chose côté entreprises : les dépenses en capital (investissements) n’augmentent que de 0,2% alors que le consensus visait +0,8%. Là où le marché espérait une accélération via l’investissement et les exportations, la publication donne plutôt l’impression d’un pays qui avance avec prudence, même si la robustesse est le nouveau KPI 2026 pour les entreprises.
Cela montre que le rebond de l'économie n'est pas très solide. La consommation, les dépenses en capital et les exportations - des secteurs que nous espérions des catalyseurs pour l'économie - n'ont pas été aussi élevées qu'attendu.
Le dilemme politique et monétaire se renforce
Cette statistique tombe à un moment sensible : la Banque du Japon maintient sa ligne directrice et réaffirme son intention de continuer à relever les taux pour normaliser sa politique monétaire.
En face, Sanae Takaichi souhaite doper la consommation via davantage d’investissements publics. Mais le problème, c’est qu’avec une croissance aussi molle, le pays se retrouve coincé entre deux forces opposées :
soutenir l’activité (budget, investissement public, entreprises et IA, confiance)
normaliser la politique monétaire (taux, inflation, yen)
Les droits de douane restent un bruit de fond qui pèse
Le contexte international n’aide pas. Les industries clés peinent encore à s’adapter à la politique protectionniste américaine, même si Washington et Tokyo ont formalisé en septembre un accord commercial fixant des droits de douane US de 15% sur la plupart des produits japonais.
L'impact des droits de douane semble avoir atteint un pic sur la période juillet-septembre, mais au regard des dernières données, il demeure la possibilité que des firmes continuent d'adopter une position prudente à l'avenir.
Et maintenant ?
Les économistes s’attendent toujours à une croissance “graduelle” en 2026, avec des projections autour de 1,04% au T1 et 1,12% au T2, mais la publication montre que la trajectoire est positive, mais pas assez robuste pour redonner un vrai élan à la demande intérieure.