Qu’est-ce que le staking de cryptomonnaies ?

Sommaire (6 parties)

Le staking consiste à bloquer des cryptomonnaies pour aider à sécuriser une blockchain en preuve d’enjeu, en échange de récompenses : environ 2,5 % par an pour l’ETH au 1er novembre 2026, selon ethereum.org. Selon le projet, les taux affichés vont d’environ 1 % à plus de 10 % par an pour les grandes cryptos proposées par Kraken à la même date.

À jour au 1er novembre 2026.

Nous expliquons ici comment fonctionne le staking, comment le pratiquer depuis la France et quels risques il comporte. À la différence du minage, qui demande des machines et de l’électricité, le staking ne demande que de détenir les jetons.

C’est quoi le staking de cryptomonnaies ?

Pour faire (très) simple : Avec le staking vous déposez des cryptomonnaies et vous gagnez progressivement des intérêts.

Le principe derrière le staking consiste à déposer ses cryptomonnaies dans un serveur informatique pour participer à la sécurisation d’un réseau décentralisé. En échange de cet effort, le réseau vous récompense sous forme d’intérêts. On dit qu’on “stake” ses cryptomonnaies.

Il est possible de déposer de nombreuses cryptos en staking, en voici quelques exemples :

  • Ethereum (ETH)
  • Solana (SOL)
  • Cosmos (ATOM)
  • Polygon (POL, ex-MATIC)
  • Polkadot (DOT)
  • Avalanche (AVAX)
  • Cardano (ADA)

Les intérêts proviennent généralement de nouvelles émissions du jeton (inflation) et sont calculés différemment en fonction du projet. Le nombre de jetons déposés et la durée d’un potentiel verrouillage impactent aussi très souvent le rendement.

Prenons un exemple avec l’ETH. Imaginons que vous ayez 10 ETH dans votre portefeuille. Au taux de récompense du protocole, environ 2,5 % par an au 1er novembre 2026 (ethereum.org), vous obtiendriez environ 0,25 ETH en un an, avant la commission éventuelle d’une plateforme (calcul de la rédaction, à taux constant).

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Au bout d’un an, vous auriez donc environ 10,25 ETH dans votre portefeuille.

Votre gain en euros dépend aussi du cours : si l’ETH perd 30 % sur l’année, les 2,5 % du staking ne compensent pas la perte. À l’inverse, si le cours monte, le gain s’ajoute à la hausse.

Attention, les rendements en staking ne sont pas fixes. Ils peuvent évoluer à la hausse, comme à la baisse.

Comment est-ce que le staking fonctionne ?

Dans l’univers crypto, ce sont majoritairement deux technologies qui permettent la sécurisation des blockchains 👇

  • La preuve de travail (Proof of Work)
  • La preuve d’enjeu (Proof of Stake)

Quelles sont les différences entre ces deux consensus ? C’est ce que nous allons découvrir dans la suite de cet article.

Le Proof of Work

Cette technologie de sécurisation est utilisée par Bitcoin et par de nombreuses autres cryptomonnaies installées depuis de nombreuses années. Nous n’allons pas entrer dans les détails dans cet article et je vais essayer de vulgariser ces sujets techniques au maximum.

Pour faire simple, il s’agit de résoudre des équations mathématiques complexes demandant une grande puissance de calcul. La personne trouvant le plus rapidement la réponse valide le bloc (groupement des dernières transactions) qui est alors ajouté à la blockchain.

Mineur de cryptomonnaies
Mineur de cryptomonnaies

Cette personne est ensuite récompensée avec l’émission de nouveaux Bitcoin. Dans le cas de Bitcoin, c’est ce processus qui permet de créer de nouveaux BTC. C’est ce qu’on appelle plus communément le minage de cryptomonnaies.

Cette méthode permet au réseau de bénéficier d’une sécurité optimale, mais consomme énormément d’énergie et de ressources. En effet, dans le cas de Bitcoin, ce sont des machines très puissantes et spécialement conçues pour résoudre ces équations qui sont utilisées. On appelle ces machines des ASIC.

Le Proof of Stake

C’est cette technologie qui nous intéresse aujourd’hui puisque le staking est la clé de voûte d’une blockchain fonctionnant en Proof of Stake.

Dans un système Proof of Stake, les personnes qui possèdent une certaine quantité d’une cryptomonnaie sont éligibles pour devenir des validateurs de transactions. Pour devenir validateurs de transactions, il leur suffit de déposer leurs cryptomonnaies dans un serveur informatique appelé “nœud validateur”.

Ces nœuds sont ensuite sélectionnés de manière aléatoire pour valider les transactions, en fonction du nombre de jetons qu’ils “contiennent”. Lorsqu’un validateur approuve une transaction, il est récompensé en gagnant des nouveaux jetons, fraîchement émis.

L’idée derrière ce mécanisme est que plus un acteur possède de jetons, plus il a intérêt à ce que la blockchain soit fiable et sécurisée. En effet, personne ne souhaite investir massivement sur un projet pour que celui-ci s’effondre.

Cette méthode est parfois critiquée, car elle peut s’avérer être un peu moins sécurisée que le Proof of Work, notamment par rapport à la décentralisation du réseau. En effet, un acteur possédant énormément de jetons aura logiquement davantage de pouvoir sur la blockchain.

Malgré tout, c’est un système qui a fait ses preuves jusqu’à maintenant et qui a l’avantage d’être économe en énergie. Ethereum a d’ailleurs migré du Proof of Work au Proof of Stake en septembre 2022, réduisant considérablement son empreinte écologique.

Comment staker ses cryptomonnaies ?

C’est bien beau mais concrètement comment ça se passe ? Il y a plusieurs solutions pour commencer à staker vos cryptomonnaies.

Tout d’abord, assurez-vous que la blockchain fonctionne bien en Proof of Stake. Pour cela, il suffit de faire quelques recherches Google et vous trouverez rapidement la réponse.

Ensuite, le plus simple consiste à vérifier si le staking est proposé sur une plateforme centralisée agréée MiCA, comme Kraken, Coinbase, Bitpanda, Coinhouse ou Bybit EU. Ces plateformes regroupent les jetons de leurs clients sur des serveurs « partagés » et prennent en échange une commission sur les récompenses.

Staker ses cryptomonnaies sur une plateforme agréée MiCA

Binance, que nous présentions ici, n’a pas d’agrément MiCA et n’apparaît pas dans le registre de l’ESMA (consulté le 1er novembre 2026). Elle ne peut donc plus servir les résidents français depuis la fin de la période de transition, le 1er juillet 2026 : ce jour-là, ses offres de staking et d’épargne (Simple Earn, staking d’ETH et de SOL…) ont été fermées aux comptes français et les actifs rendus avec les récompenses acquises, selon Cryptoast (24 juin 2026). L’AMF invite les clients à se tourner exclusivement vers des prestataires autorisés. Nous faisons le point dans notre comparatif Bitstack ou Binance.

Voici les taux affichés par Kraken, agréée MiCA par la Banque centrale d’Irlande depuis le 25 juin 2025 avec une autorisation valable en France, et par Bitpanda, agréée par l’autorité autrichienne depuis le 9 avril 2025 :

Crypto Kraken flexible Kraken verrouillé Bitpanda (indicatif)
Ethereum (ETH) non proposé 2,48 % 2 à 4 %
Solana (SOL) 2,67 % 5,4 % 4 à 6 %
Cosmos (ATOM) 10,5 % 22,07 % 14 à 16 %
Polkadot (DOT) 1,27 % 2,56 % 1 à 3 %
Avalanche (AVAX) 2,52 % 5,09 % 4 à 6 %
Cardano (ADA) 2,62 % non proposé 1 à 3 %
Polygon (POL) 3,28 % 6,67 % 3 à 5 %

Sources : Kraken (estimation avant commission ; en flexible, les récompenses ne portent que sur 50 % des actifs stakés), Bitpanda (commission déduite) et registre de l’ESMA, consultés le 1er novembre 2026.

La démarche est la même partout : ouvrez un compte et faites la vérification d’identité, achetez ou déposez la crypto, ouvrez la rubrique staking (« Earn », « Staking »…), choisissez le mode (flexible ou verrouillé) et le montant, puis vérifiez la commission et le délai de retrait avant de valider. Les récompenses sont ensuite créditées régulièrement sur votre compte.

Comment staker ses cryptomonnaies facilement sur Bybit ?

Bybit est une autre plateforme populaire qui permet de déposer ses cryptomonnaies en staking. En Europe, elle opère via Bybit EU GmbH, agréée MiCA par l’autorité autrichienne (FMA) depuis le 28 mai 2025 avec une autorisation valable en France, selon le registre de l’ESMA. Bybit a été victime en février 2025 d’un vol de 1,46 milliard de dollars, raconté dans notre article.

Si vous résidez dans l’Union européenne, dont la France, c’est par Bybit EU, sur bybit.eu, que vous devez ouvrir votre compte : c’est l’entité du groupe agréée MiCA.

Pour déposer ses cryptomonnaies en staking sur Bybit, il suffit de cliquer sur « Finance » puis « Earn » et « Épargne Bybit » depuis l’interface d’accueil :

Depuis la page « Épargne Bybit« , vous pouvez retrouver toutes les cryptomonnaies qu’il est possible de déposer en staking sur la plateforme.

On y retrouve par exemple 👇

  • ADA
  • AVAX
  • NEAR
  • SOL

Pour déposer ses cryptomonnaies en staking, il faut cliquer sur « Staker maintenant« , indiquer le montant de cryptomonnaies que l’on souhaite mettre en staking, accepter les conditions et cliquer sur « Staker maintenant » :

Staking d'ATOM depuis Binance
Staking d’ATOM depuis Binance

Les récompenses sont créditées régulièrement sur votre compte et vous pouvez les utiliser comme bon vous semble. Les taux changent souvent : vérifiez celui affiché au moment de staker.

Lancer son propre serveur validateur

Sachez qu’il est possible de lancer et d’administrer soi-même son propre nœud validateur. Cette méthode permet d’obtenir les meilleurs rendements puisqu’il n’y a pas d’intermédiaire. Cependant, cela nécessite des compétences techniques avancées pour l’installation et la maintenance du serveur. De plus, le ticket d’entrée est souvent relativement cher.

Par exemple, pour lancer un validateur Ethereum, il faut déposer au moins 32 ETH, soit environ 65 000 € au cours du 1er novembre 2026 (CoinGecko). Si votre serveur est mal entretenu (mises à jour oubliées, arrêts trop longs), le réseau vous pénalise en retirant une partie de vos récompenses.

C’est donc une très bonne solution si vous avez les compétences techniques, mais à éviter si vous débutez.

D’autres solutions de finance décentralisée (DeFi), comme Lido ou Rocket Pool, permettent de staker ses ETH depuis son propre wallet tout en recevant un jeton liquide utilisable dans la DeFi. Nous montrons comment faire avec une clé Ledger dans notre guide du staking d’ETH. Ces solutions demandent quelques connaissances pour éviter les pièges de la DeFi : voyez nos conseils pour faire ses premiers pas en DeFi.

Les avantages et inconvénients du staking de cryptomonnaies

Comme tout investissement et technologie, le staking de cryptomonnaies présente son lot d’avantages et d’inconvénients.

J’ai décidé de vous les présenter sous forme de tableau pour que vous puissiez facilement le garder dans vos notes 👇

Avantages

Inconvénients

Rendements attractifs qui peuvent vous permettre de surperformer le marché

Les rendements changent constamment en fonction de l’évolution du projet, de l’état du réseau….

Obtenir des revenus passifs sur des actifs dormants

Les fonds peuvent se retrouver verrouillés un certain temps en fonction des projets

Participation à la sécurisation d’une blockchain

Si les cours chutent, les rendements peuvent ne pas couvrir les pertes

Si j’ai un conseil à vous donner, ce serait le suivant 👇

N’achetez pas une cryptomonnaie à placer en staking pour ses rendements attractifs. Privilégiez des jetons que vous souhaitez garder sur le long terme et placez-les ensuite en staking pour obtenir un rendement supplémentaire en bonus.

Cela vous évitera bien des mauvaises surprises, notamment avec des projets de staking annonçant des rendements annuels à 3 chiffres, mais dont les cours chutent de 90% sur l’année.

Rappelez-vous qu’une trop grande inflation augmentera significativement la pression vendeuse d’un actif !

Dernier risque : celui de la plateforme. Une plateforme centralisée peut être piratée ou fermer ses services. Binance s’est fait voler environ 6,4 milliards de dollars le 29 octobre 2026, le plus gros vol de l’histoire des cryptos, selon Chainalysis (30 octobre 2026). Ne laissez sur une plateforme que ce que vous stakez, et gardez le reste sur un cold wallet.

Conclusion

Le staking de cryptomonnaies est une solution très intéressante pour faire travailler des actifs dormants et potentiellement surperformer le marché à long terme. Plusieurs solutions s’offrent à vous pour le mettre en place, en fonction de votre profil et de vos connaissances techniques. Gardez en tête que malgré les nombreuses opportunités qu’il offre, le staking présente quelques risques qu’il faut savoir appréhender pour ne pas avoir de mauvaise surprise !

Pour aller plus loin, comparez les rendements projet par projet dans notre guide des principaux projets de staking.

Questions fréquentes

Le staking, c’est quoi en résumé ?

C’est bloquer des cryptos d’une blockchain en preuve d’enjeu pour participer à sa sécurisation. En échange, le réseau verse des récompenses, surtout sous forme de nouveaux jetons.

Combien rapporte le staking ?

Cela dépend du projet : environ 2,5 % par an pour l’ETH au niveau du protocole, de 1 % à plus de 10 % pour les autres grandes cryptos chez Kraken au 1er novembre 2026. Les plateformes prélèvent une commission sur ces récompenses.

Peut-on encore faire du staking sur Binance en France ?

Non. Binance n’a pas d’agrément MiCA et a fermé ses offres de staking aux résidents français le 1er juillet 2026, selon Cryptoast. Les plateformes agréées comme Kraken, Coinbase, Bitpanda ou Coinhouse proposent du staking.

Le staking est-il risqué ?

Oui. La baisse du cours peut dépasser largement les récompenses, les fonds peuvent être bloqués pendant la durée de verrouillage et la plateforme ou le protocole peut être piraté. Vérifiez le statut d’une plateforme sur la liste blanche de l’AMF avant de lui confier vos cryptos.

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