Salaire des patrons des entreprises du CAC 40

Sommaire (7 parties)

Au titre de 2024, le patron le mieux payé du CAC 40 est Francesco Milleri, PDG d’EssilorLuxottica, avec 23,1 millions d’euros actions comprises, selon le rapport annuel de Proxinvest publié le 18 novembre 2025. Selon le même rapport, la rémunération totale moyenne d’un dirigeant du CAC 40 est de 6,5 millions d’euros et la médiane d’environ 5,6 millions d’euros (dépêche AFP reprise par AllNews).

Données : rémunérations 2024, publiées en 2025 (rémunérations 2025, publiées en 2026, pour les sept PDG détaillés plus bas).

Comme chaque année, les publications des documents d’enregistrement universel permettent de lever le voile sur la rémunération des patrons des entreprises du CAC 40.

Cette moyenne de 6,5 millions d’euros est en baisse de 9 % par rapport à 2023, surtout parce que la valeur des actions attribuées a reculé de 19,1 %. Les documents publiés au printemps 2026 donnent déjà une tendance pour 2025 : la rémunération de Francesco Milleri dépasse 33 millions d’euros, dont 25,4 millions en actions de performance, selon le document d’enregistrement universel 2025 d’EssilorLuxottica.

Le classement des PDG les mieux rémunérés

Voici le classement des patrons des entreprises du CAC 40 les mieux rémunérés :

Rang

Nom et prénom

Montant

Entreprise

1

Francesco Milleri

23 100 000 €

EssilorLuxottica

2

Pascal Daloz

15 500 000 €

Dassault Systèmes

3

Patrick Pouyanne

10 600 000 €

TotalEnergies

4

Axel Dumas

7 287 713 €

Hermès

5

Luca de Meo (chez Renault)

5 297 370 €

Kering

6

Arthur Sadoun

4 680 000 €

Publicis

7

Nicolas Hieronimus

4 048 500 €

L’Oréal

8

Olivier Roussat

3 604 500 €

Bouygues

9

Daniel Julien

3 881 701 €

Teleperformance

10

Paul Hudson

3 966 200 €

Sanofi

11

Jean-Laurent Bonnafé

3 779 624 €

BNP Paribas

12

Antoine de Saint-Affrique

3 794 000 €

Danone

13

Jean-Marc Chery

1 760 000 €

STMicroelectronics

14

Bernard Arnault

3 338 307 €

LVMH

15

Alexandre Bompard

3 282 200 €

Carrefour

16

Xavier Huillard

3 296 800 €

Vinci

17

Philippe Brassac

3 206 630 €

Crédit Agricole

18

Alexandre Ricard

3 121 180 €

Pernod Ricard

19

Guillaume Faury

3 066 525 €

Airbus

20

Thomas Buberl

3 003 319 €

AXA

21

Jean-Marie Tritant

2 891 602 €

Unibail

22

Catherine Macgregor

2 890 000 €

Engie

23

Bertrand Dumazy

2 849 753 €

Edenred

24

François Jackow

2 818 000 €

Air Liquide

25

Sébastien Bazin

2 763 893 €

Accor

26

Patrice Caine

2 341 400 €

Thales

27

Aiman Ezzat

2 597 000 €

Capgemini

28

Slawomir Krupa

2 517 975 €

Société Générale

29

Estelle Brachlianoff

2 517 372 €

Veolia

30

Gilles Martin

2 517 000 €

Eurofins

31

Carlos Tavares

2 500 000 €

Ancien PDG de Stellantis

32

Olivier Andriès

2 121 667 €

Safran

33

Florent Menegaux

2 258 000 €

Michelin

34

François-Henri Pinault

2 250 120 €

Kering

35

Hinda Gharbi

2 205 000 €

Bureau Veritas

36

Benoit Bazin

3 140 928 €

Saint-Gobain

37

Benoit Coquart

1 950 300 €

Legrand

38

Christel Heydemann

1 835 000 €

Orange

39

Aditya Mittal

1 754 057 €

ArcelorMittal

40

Olivier Blum (DG depuis le 1er novembre 2024)

398 600 €

Schneider

Montants au titre de l’exercice 2024, publiés en 2025. Pour les rangs 1 à 3, il s’agit de la rémunération totale, actions de performance comprises, retenue par le rapport Proxinvest de novembre 2025. Pour les autres dirigeants, c’est le fixe et le variable annuel dus au titre de 2024, hors actions de performance, tels que publiés dans les documents d’enregistrement universel 2024 des sociétés. Les deux bases ne sont pas comparables : avec les actions, Paul Hudson (Sanofi) atteint 9,95 millions d’euros et Nicolas Hieronimus (L’Oréal) 9,78 millions, selon les DEU 2025 de Sanofi et 2025 de L’Oréal.

Quelques cas particuliers :

  • Air Liquide : le montant est celui du directeur général, François Jackow (1,21 M€ de fixe et 1,61 M€ de variable). Benoît Potier, président non exécutif, touche 800 000 € de fixe, selon le DEU 2025 d’Air Liquide.
  • Schneider Electric : Olivier Blum est directeur général depuis le 1er novembre 2024. Le montant ne couvre que deux mois. Sur 2025, son fixe et son variable atteignent 2,33 M€ (5,41 M€ avec les actions), selon le DEU 2025 de Schneider Electric.
  • Luca de Meo : le montant est sa rémunération 2024 chez Renault, qu’il a quitté en juillet 2025 pour Kering.
  • Saint-Gobain : Benoît Bazin a été directeur général, puis PDG à partir du 7 juin 2024. Le montant couvre l’année entière.
  • STMicroelectronics : la société publie en dollars. Le montant est le fixe (1,1 M€) et le variable (660 000 €) de Jean-Marc Chery, selon son rapport annuel 2024.

Trois dirigeants dépassent les 5 millions d’euros hors actions :

  • Luca de Meo (ancien PDG de Renault)
  • Francesco Milleri (EssilorLuxottica)
  • Axel Dumas (Hermès)

Francesco Milleri a pris la tête du classement 2024 avec une rémunération totale de 23,1 millions d’euros, en hausse de 136 % sur un an selon Proxinvest. L’essentiel vient de 100 000 actions de performance valorisées 17,1 millions d’euros dans le DEU 2024 d’EssilorLuxottica. Son fixe est de 2,1 millions d’euros et son variable annuel de 3,7 millions.

Luca de Meo a quitté Renault le 15 juillet 2025 et dirige Kering depuis le 15 septembre 2025. Son fixe annuel chez Kering est de 2,2 millions d’euros, et le groupe lui a accordé une indemnité de prise de fonctions de 20 millions d’euros. Le détail est dans la partie suivante.

Les PDG les plus recherchés

Pour ces sept dirigeants, nous avons repris les chiffres de l’exercice 2025, publiés au printemps 2026 dans les documents d’enregistrement universel. Le total comprend le fixe, le variable annuel, les avantages et la valeur comptable (norme IFRS 2) des actions de performance attribuées dans l’année.

Estelle Brachlianoff (Veolia)

Au titre de 2025, la directrice générale de Veolia a reçu un fixe de 1 030 000 € et un variable annuel de 1 406 259 €, soit 136,5 % de sa cible. S’y ajoutent 44 478 actions de performance valorisées 1 039 006 €. Le total atteint 3 475 265 €, en baisse de 5,9 % par rapport à 2024 (3 693 074 €), selon le DEU 2025 de Veolia. Les actionnaires l’ont approuvé à 98,32 % lors de l’assemblée générale du 23 avril 2026.

Guillaume Faury (Airbus)

En 2025, le directeur exécutif d’Airbus a touché un fixe de 1 560 000 € (+5 %) et un variable annuel de 2 925 000 €, soit 4 485 000 € hors actions. C’est 46 % de plus qu’en 2024 (3 066 525 €), selon le rapport du conseil d’administration 2025 d’Airbus. Il a aussi reçu 14 404 actions de performance, d’une valeur de 2,34 millions d’euros à l’attribution (150 % de son fixe). Airbus ne publie pas de total actions comprises. Le vote consultatif des actionnaires a recueilli 96,50 % de voix favorables lors de l’assemblée du 14 avril 2026. Pour l’action elle-même, voir notre page sur le dividende Airbus.

Luca de Meo (Kering, ex-Renault)

Chez Renault, Luca de Meo a touché 5 297 370 € de fixe et de variable au titre de 2024. Pour 2025, jusqu’à son départ le 15 juillet, Renault lui a versé 914 394 € de fixe et 813 811 € de variable, et toutes ses actions non acquises ont été annulées, selon le DEU 2025 de Renault. Chez Kering, il a reçu pour fin 2025 un fixe de 650 959 € (2,2 M€ en année pleine), un variable de 1 210 000 € et une indemnité de prise de fonctions de 20 M€ : 15 M€ en numéraire et 19 531 actions de performance valorisées 5,78 M€. Son total 2025 chez Kering atteint 22 648 156 €, selon le DEU 2025 de Kering. À partir de 2026, son variable cible est de 4,84 M€, avec un maximum de 6,6 M€. Nous détaillons son arrivée dans le salaire de Luca de Meo chez Kering.

Patrice Caine (Thales)

Au titre de 2025, le PDG de Thales a reçu un fixe de 1 000 000 € et un variable annuel de 1 390 700 €. Ses actions de performance sont valorisées 1 199 900 €, pour un total de 3 633 300 €, en hausse de 1,3 % par rapport à 2024 (3 586 000 €), selon le DEU 2025 de Thales. Les actionnaires ont approuvé cette rémunération à 95,73 % lors de l’assemblée du 12 mai 2026.

Nicolas Hieronimus (L’Oréal)

Le directeur général de L’Oréal a reçu au titre de 2025 un fixe de 2 300 000 € (contre 2 000 000 € en 2024) et un variable annuel de 2 762 000 €. Ses actions de performance sont valorisées 6 969 600 €. Le total atteint 12 031 600 €, en hausse de 23 % sur un an (9 784 340 € en 2024), selon le DEU 2025 de L’Oréal. Les actionnaires l’ont approuvé à 95,33 % lors de l’assemblée du 24 avril 2026. Voir aussi notre page sur le dividende L’Oréal.

Benoît Bazin (Saint-Gobain)

PDG de Saint-Gobain depuis le 7 juin 2024, Benoît Bazin a reçu au titre de 2025 un fixe de 1 300 000 € et un variable annuel de 2 013 642 €. Ses actions de performance sont valorisées 3 650 189 €, pour un total de 6 963 831 €, en hausse de 2,1 % par rapport à 2024 (6 818 136 € sur l’année entière), selon le DEU 2025 de Saint-Gobain. C’est le vote le plus serré des sept : 90,31 % d’approbation à l’assemblée générale 2026.

Olivier Andriès (Safran)

Le directeur général de Safran a reçu au titre de 2025 un fixe de 950 000 € et un variable annuel de 1 238 167 €, plus un versement de 248 425 € pour sa retraite. Ses actions de performance sont valorisées 1 139 987 €. Le total atteint 3 595 029 €, en hausse de 2 % par rapport à 2024 (3 525 796 €), selon le DEU 2025 de Safran.

Comment est composé le salaire d’un PDG du CAC 40 ?

Le package de rémunération d’un dirigeant ne se limite pas à son salaire fixe. Il comprend généralement des bonus :

  • Une part fixe qui représente entre 20 % et 40 % du salaire total
  • Une part variable annuelle, qui est indexée sur les performances économiques de l’entreprise : résultats financiers, cours de bourse, objectifs RSE…
  • Une rémunération variable à long terme, qui est souvent versée sous forme d’actions et conditionné à des critères étalés sur plusieurs années.
  • Des avantages en nature (voiture, logement, sécurité…).
💡
Exemple : un dirigeant peut toucher 2 millions d’euros de fixe, mais percevoir 10 à 15 millions d’euros via des actions si les objectifs sont atteints.

Qui décide de leur rémunération ?

Depuis la loi Sapin 2 (2016), les actionnaires disposent d’un droit de regard sur les rémunérations des patrons du CAC 40. Un vote « Say on Pay » est obligatoire.

Il consiste à faire voter les actionnaires pour qu’ils valident (ou non) la politique de rémunération et approuver la rémunération déjà versée.

Chaque forme de rémunération doit être validée lors d’une assemblée générale. Chaque actionnaire est libre de l’approuver ou non, mais c’est la majorité qui l’emporte.

💡
En 2026, les rémunérations 2025 des PDG détaillés plus haut ont toutes été approuvées, entre 90,31 % chez Saint-Gobain et 98,97 % chez Renault pour Luca de Meo. Les rejets restent rares.

Tout savoir sur le salaire des patrons du CAC 40

Selon le rapport Proxinvest de novembre 2025, qui additionne fixe, variable et actions, la rémunération des dirigeants des entreprises du CAC 40 au titre de 2024 s’établit à :

  • Moyenne : 6,5 millions d’euros (-9 % sur un an)
  • Médiane : environ 5,6 millions d’euros (+5 %), un record depuis la première édition du rapport (AFP via AllNews)
💡
En 2024, la rémunération fixe moyenne des patrons du CAC 40 a progressé de 1,6 % et atteint un record. Le variable annuel moyen a reculé de 4,7 % et la valeur des actions attribuées de 19,1 %, selon Proxinvest.

Carlos Tavares (ex-Stellantis)

Carlos Tavares a longtemps incarné l’approche « à l’américaine » de certaines entreprises du CAC 40 : des packages massifs, composés surtout d’actions et très liés à la performance. À tort ou à raison, sa rémunération a été très critiquée.

ℹ️
Actualité 2025 : Carlos Tavares n’est plus à la tête de Stellantis. Il a démissionné et a été remplacé par Antonio Filosa.

Quand performance boursière et rémunération ne vont pas de pair

Concernant la rémunération des patrons du CAC 40, certaines situations interrogent. Chez Teleperformance, Daniel Julien a reçu au titre de 2024 des actions de performance valorisées 4,5 millions d’euros, malgré la forte baisse du cours de bourse ces dernières années (DEU 2024 de Teleperformance). Il a quitté ses fonctions exécutives le 15 mars 2026.

Chez Sanofi et L’Oréal aussi, les actions attribuées au titre de 2024 dépassent 5 millions d’euros : 5,97 millions pour Paul Hudson, 5,74 millions pour Nicolas Hieronimus, selon les DEU des deux groupes.

Cela relance le débat sur les critères réels d’attribution des bonus à long terme : résultats financiers ? Performance boursière ? Objectifs en internes ? Que faut-il choisir ?

Des écarts de rémunération

Il n’existe pas de grille unique de rémunération concernant les dirigeants d’entreprises. Les écarts sont importants et peuvent s’expliquent par :

  • La taille du groupe
  • La gouvernance (familles fondatrices, contrôle du capital..)
  • La performance opérationnelle ou boursière
  • Le secteur (luxe, tech, pharmaceutique..)
  • L’expérience et le parcours du dirigeant

Les patrons américains restent dans une autre catégorie. Selon l’étude Equilar pour l’Associated Press publiée le 27 mai 2026, la rémunération médiane des PDG du S&P 500 atteint 17,7 millions de dollars en 2025, en hausse de 5,9 %. Nous détaillons ce classement dans les CEO les mieux payés du S&P 500.

Des femmes toujours trop peu présentes

Dans notre classement 2024, seules 4 entreprises du CAC 40 sont dirigées par des femmes et aucune ne figure dans le top 20. Depuis le 1er mai 2026, Belén Garijo est aussi directrice générale de Sanofi.

Un déséquilibre important, malgré la féminisation des conseils d’administration.

Conclusion : un débat toujours d’actualité

En 2026, la rémunération des patrons du CAC 40 reste importante par les montants et complexe dans sa logique. Malgré les dispositifs de contrôle par les actionnaires, les écarts continuent de se creuser, entre dirigeants et salariés, mais aussi entre entreprises.

Une chose est sûre : les salaires des patrons continueront d’alimenter les débats économiques et politiques.

Questions fréquentes

Quel est le salaire d’un PDG du CAC 40 ?

Au titre de 2024, un dirigeant du CAC 40 a touché en moyenne 6,5 millions d’euros, actions de performance comprises, selon Proxinvest. La médiane est d’environ 5,6 millions d’euros.

Quel est le patron le mieux payé du CAC 40 ?

Francesco Milleri, PDG d’EssilorLuxottica, avec 23,1 millions d’euros au titre de 2024 selon Proxinvest. Pour 2025, son document d’enregistrement universel fait état de plus de 33 millions d’euros, dont 25,4 millions en actions.

Combien gagne le PDG d’Airbus ?

Guillaume Faury a touché 4 485 000 € de fixe et de variable en 2025, selon le rapport du conseil d’administration d’Airbus. S’y ajoutent 14 404 actions de performance, d’une valeur de 2,34 millions d’euros à l’attribution.

Qui décide du salaire des patrons du CAC 40 ?

Le conseil d’administration fixe la rémunération, sur proposition de son comité des rémunérations. Depuis la loi Sapin 2, les actionnaires votent chaque année en assemblée générale sur la politique de rémunération et sur les montants versés.

Les patrons du CAC 40 sont-ils moins payés que les patrons américains ?

Oui, nettement. La médiane des PDG du S&P 500 atteint 17,7 millions de dollars en 2025 selon Equilar, contre environ 5,6 millions d’euros pour le CAC 40 en 2024 selon Proxinvest.

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