CAC 40 : combien de milliards les entreprises ont versé à leurs actionnaires en 2025 ?
CAC 40 : combien de milliards ont été versés aux actionnaires en 2025 ? Dividendes, rachats d’actions et classement des leaders.
Alexandre Plunian
En 2025, les entreprises du CAC 40 ont versé un montant record à leurs actionnaires : 107,6 milliards d’euros redistribués au total, en hausse de 9,5 % par rapport à 2024. Mais ce n’est pas une explosion des meilleures actions à dividendes du CAC 40 qui explique cette progression, mais le retour en force des rachats d’actions, qui sont dopés par quelques dossiers très spécifiques.
Ces chiffres proviennent de l’étude annuelle de La Lettre Vernimmen, qui suit depuis plus de vingt ans les retours aux actionnaires (dividendes et rachats d’actions) des sociétés du CAC 40.
Une nouvelle année record
Sur le papier, 2025 ressemble à une nouvelle année record avec 107,6 Md€ redistribués aux actionnaires.
Voici les détails :
Dividendes : ~72,8 Md€ (niveau quasi inchangé par rapport à l’année précédente)
Rachats d’actions : 34,8 Md€
Et ce point est important à comprendre puisqu’un rachat d’actions ne rémunère pas l’actionnaire de la même manière qu’un dividende : le dividende est un flux financier que l’actionnaire reçoit immédiatement en cash. Alors que le rachat d’actions vise à réduire le nombre d’actions en circulation, donc à augmenter mécaniquement le bénéfice par action et à soutenir le cours… à condition que les fondamentaux suivent.
Pourquoi les rachats ont augmenté en 2025 ?
Cette hausse des rachats s’explique en grande partie par deux phénomènes :
Axa a fortement contribué au montant total, en redistribuant via rachat d’actions le produit d’une cession (notamment la vente d’Axa IM à BNP Paribas pour environ 5 milliards d’euros).
Les grandes banques cotées ont multiplié les rachats, avec un montant global qui s’élève à 4,7 milliards d’euros, dont 2,5 milliards pour la seule Société Générale.
Les dividendes, eux, font du surplace
Ce niveau est cohérent avec le contexte : l’année 2024 (sur laquelle les distributions de 2025 s’appuient) a été moins profitable, avec un résultat courant en recul de 12 % à 151 milliards d’euros pour le CAC 40. Certains poids lourds comme Stellantis, TotalEnergies et Sanofi tirent la moyenne vers le bas.
C’est exactement là que le rappel de Vernimmen est intéressant :
ce qui enrichit durablement l’actionnaire, ce ne sont pas les mécanismes de distribution en eux-mêmes, mais la capacité de l’entreprise à produire des résultats.
Une société peut verser un gros dividende… tout en détruisant de la valeur si ses profits se dégradent ou si son modèle s’affaiblit. Et à l’inverse, un dividende stable peut être parfaitement sain si la direction encourage la croissance à long terme avec des investissements, des marges et une bonne compétitivité par rapport à la concurrence.
Six entreprises représentent plus de la moitié des distributions
Autre signal fort : plus de 50 % des capitaux redistribués proviennent de seulement six entreprises :