Épargne : les Français vident leur Livret A au profit de l’assurance-vie
Livret A en baisse, assurance-vie en hausse : pourquoi les Français arbitrent leur épargne, et ce que ça change pour votre stratégie.
Alexandre Plunian
En janvier 2026, l’encours du Livret A a reculé à 447,8 milliards d’euros, soit 1,87 milliard de moins qu’en décembre, selon la Caisse des dépôts. Concrètement, c’est le pire mois de janvier depuis 2009 pour le livret A. Le LDDS, très proche du Livret A, suit la même tendance avec un encours de 165,2 milliards d’euros, en baisse de 400 millions sur un mois.
Ce qui étonnant avec ces chiffres et la baisse du Livret A, c’est que les retraits en janvier sont historiquement rares. Les seules fois où un mois de janvier avait déjà affiché un solde négatif comparable remontent à 2015 et 2016, avec environ 1,1 milliard d’euros de retraits nets à chaque fois.
La chute du rendement du Livret A
La raison de ce changement est simple : le Livret A ne fait plus rêver. En l’espace d’un an, son taux est passé de 3% en janvier 2025 à 2,4%, puis 1,7% à partir d’août, pour tomber à 1,5% depuis le 1er février 2026. Quand la rentabilité diminue, l’épargnant redevient pragmatique : il garde le Livret A pour la sécurité, mais il commence à déplacer son surplus d’épargne vers des placements plus rémunérateurs.
L’assurance-vie récupère une partie des flux
Le grand gagnant de cette réallocation, c’est l’assurance-vie. Les dépôts sur les contrats ont atteint en 2025 un niveau record, avec un solde positif de plus de 50 milliards d’euros, inédit depuis 2010.
La baisse du Livret A pousse naturellement vers l’assurance-vie, car les fonds euros affichent une rémunération moyenne autour de 2,7%, avec des offres allant jusqu’à 3,5%.
LEP : étonnamment stable, malgré un taux supérieur
Le LEP (livret d’épargne populaire) reste stable en janvier 2026, avec une hausse marginale de 2 millions d’euros et un encours quasi inchangé à 83,8 milliards d’euros. En pratique, le LEP est meilleur que le Livret A sur ces points.
Le mouvement de réallocation n’est pas seulement une question de taux. Il reflète aussi des arbitrages de ménages qui ont déjà suffisamment d’épargne de précaution et cherchent désormais à investir en prenant peu de risques et l’assurance-vie répond parfaitement à leur besoin.